Hors-série IAtrogénique x IAtus Jumeaux numériques, IA et médecine prédictive : les enseignements du Congrès SoFIA Santé (Épisode 5)
Recherche clinique, soutenabilité et intelligence collective : les conditions de la confiance

Recherche clinique, soutenabilité et intelligence collective : les conditions de la confiance
📍 À propos de cette série
Le 29 mai 2025, la Société Francophone d'Intelligence Artificielle en Santé ( SoFIA-Santé ) réunissait à Beaune chercheurs, cliniciens, industriels, institutionnels, juristes et experts du numérique autour d'une question centrale : Les jumeaux numériques constituent-ils l'une des prochaines grandes transformations de la santé ? Au fil de cette série, nous avons exploré leurs fondements scientifiques, leurs applications cliniques, leur potentiel pour la médecine personnalisée, les enjeux de gouvernance, d'éthique et de confiance qu'ils soulèvent. Pour ce cinquième et dernier épisode, nous abordons deux sujets souvent moins visibles mais pourtant essentiels. Car une innovation n'existe réellement que lorsqu'elle peut être évaluée, déployée et soutenue dans la durée. Tout au long de cette journée, les intervenants ont partagé une même conviction : les jumeaux numériques ne relèvent plus de la science-fiction. Les premiers cas d'usage existent. Les modèles se perfectionnent. Les infrastructures se construisent. Les données s'accumulent. Mais une question demeure. Comment passer de la promesse à la preuve ? Et surtout : comment déployer ces technologies à grande échelle sans créer de nouvelles fragilités pour nos systèmes de santé ? La dernière partie du Congrès SoFIA Santé a précisément abordé ces questions. D'abord à travers une table ronde consacrée à la recherche clinique, aux patients virtuels et aux nouvelles méthodologies d'évaluation. Puis à travers un débat particulièrement stimulant sur les infrastructures numériques, les impacts environnementaux et les enjeux de soutenabilité de l'intelligence artificielle. Deux sujets en apparence très différents. Mais qui posent finalement la même question : comment construire une innovation de confiance ? Une innovation capable de démontrer son utilité scientifique. Une innovation capable d'être acceptée par les professionnels et les patients. Une innovation capable de s'inscrire dans la durée sans compromettre les équilibres économiques, sociaux ou environnementaux. Car après une journée entière consacrée aux promesses des jumeaux numériques, il était temps d'aborder ce qui conditionnera réellement leur avenir : la preuve, la responsabilité et la soutenabilité.
TABLE RONDE : Recherche clinique – Les jumeaux numériques vont-ils changer la façon dont nous produisons la preuve ?
Après avoir exploré les applications cliniques des jumeaux numériques et leur potentiel pour la médecine personnalisée, le Congrès SoFIA Santé s'est attaqué à une question fondamentale : Comment évaluer, valider et démontrer l'efficacité des innovations de demain ? Car derrière chaque traitement, chaque dispositif médical ou chaque avancée thérapeutique se cache un défi immense : produire la preuve scientifique nécessaire pour convaincre chercheurs, cliniciens, régulateurs et patients. Autour de Jean Marc Bereder , chirurgien oncologue et spécialiste des usages de l'IA, quatre regards complémentaires se sont croisés : Dr Jean Louis Fraysse (BOTdesign), Mathieu Robain (UNICANCER), Pr Michaël Chassé (Université de Montréal) et Alexandre Regniault (Simmons & Simmons). Une table ronde passionnante qui a finalement abordé un sujet bien plus vaste que les seuls jumeaux numériques : Sommes-nous en train d'inventer une nouvelle manière de faire de la recherche clinique ?
Entre réalité scientifique et marketing
Jean-Louis Fraysse a d'abord rappelé une évidence parfois oubliée dans l'enthousiasme actuel autour des jumeaux numériques. Non, nous ne savons pas aujourd'hui reproduire numériquement un être humain dans toute sa complexité. La réalité scientifique est plus modeste mais déjà extrêmement prometteuse. Aujourd'hui, les applications les plus avancées concernent des organes, des fonctions biologiques ou des mécanismes spécifiques : cœur, cerveau, rétine, glycémie, toxicité hépatique ou réponse à certains traitements. Ces modèles permettent déjà de mieux comprendre certains phénomènes physiopathologiques et surtout de simuler des scénarios qui seraient difficiles, coûteux ou parfois impossibles à tester directement chez l'humain.
Réduire les essais animaux, accélérer les essais cliniques
L'un des premiers bénéfices évoqués concerne la phase préclinique. Grâce aux modèles numériques et aux patients artificiels, certaines simulations peuvent désormais être réalisées avant même les expérimentations chez l'animal ou chez l'humain. Une évolution qui répond à un objectif partagé par les agences réglementaires : réduire autant que possible le recours à l'expérimentation animale. Mais l'intérêt ne s'arrête pas là. Les intervenants ont également évoqué l'utilisation croissante des patients artificiels pour optimiser les essais cliniques. En phase II notamment, ces modèles pourraient aider à identifier plus rapidement les molécules les plus prometteuses, améliorer la puissance statistique des études et faciliter certaines décisions stratégiques concernant le passage en phase III. Autrement dit : mieux sélectionner les innovations avant d'investir plusieurs centaines de millions d'euros dans leur développement.
Des données artificielles… mais pas artificieuses
Mathieu Robain a apporté un éclairage essentiel sur un sujet souvent mal compris : les données artificielles. Contrairement à certaines idées reçues, ces données ne sont pas des données inventées. Elles sont construites à partir de données réelles de patients, collectées dans les établissements de santé et réutilisées selon des méthodologies rigoureuses. Le véritable défi réside alors dans l'interopérabilité, la qualité des données et leur homogénéisation. Car les données de santé proviennent d'une multitude de systèmes, de professionnels et de contextes différents. Avant même de parler d'intelligence artificielle, il faut donc apprendre à structurer et harmoniser cette matière première.
Patient artificiel ou jumeau numérique : attention à ne pas tout confondre
L'un des échanges les plus intéressants a porté sur la distinction entre patient artificiel et jumeau numérique. Pour Michaël Chassé, la différence est fondamentale. Le jumeau numérique représente un individu réel. Il agrège ses données biologiques, cliniques, génétiques, d'imagerie ou physiologiques afin de modéliser sa trajectoire personnelle. Le patient artificiel, lui, est une construction statistique issue d'un ensemble de patients partageant certaines caractéristiques communes. Cette distinction est loin d'être anecdotique. Car elle conditionne les usages possibles, les méthodes de validation, les exigences réglementaires et les niveaux de confiance que l'on peut accorder aux résultats obtenus.
Vers une nouvelle génération d'essais cliniques ?
Le moment le plus prospectif de cette table ronde est sans doute venu lorsque Michaël Chassé a évoqué l'avenir des essais cliniques. Aujourd'hui, certains essais nécessitent plusieurs années et des milliers de patients pour démontrer un bénéfice parfois limité. Grâce aux modèles numériques, il devient envisageable d'identifier en amont les patients les plus susceptibles de répondre à un traitement. Une telle approche pourrait réduire considérablement la taille des essais tout en augmentant leur puissance statistique. L'ambition est immense : passer progressivement d'une recherche clinique reposant uniquement sur l'observation à une recherche capable d'intégrer la simulation. Sans remplacer les essais traditionnels. Mais en les rendant plus rapides, plus ciblés et potentiellement plus efficaces.
Le défi réglementaire commence maintenant
Enfin, Alexandre Regniault a rappelé que cette révolution ne pourra se faire sans un cadre juridique adapté. Dispositifs médicaux, AI Act européen, RGPD, règlement européen sur les essais cliniques, futur Espace Européen des Données de Santé (EHDS) : les textes existent, mais ils n'ont pas été conçus à l'origine pour les jumeaux numériques. Au-delà de la conformité réglementaire, plusieurs questions demeurent ouvertes : Qui est responsable lorsqu'un modèle se trompe ? Qui possède les données utilisées pour entraîner les modèles ? Comment garantir la transparence des décisions ? Comment expliquer ces technologies aux patients et aux comités d'éthique ? • Qui est responsable lorsqu'un modèle se trompe ? • Qui possède les données utilisées pour entraîner les modèles ? • Comment garantir la transparence des décisions ? • Comment expliquer ces technologies aux patients et aux comités d'éthique ? Pour Alexandre Regniault, un principe doit rester central :
Ce qu'il faut retenir
Cette table ronde aura finalement démontré que les jumeaux numériques ne sont pas seulement une innovation technologique. Ils pourraient transformer en profondeur la manière dont nous produisons la preuve scientifique. Réduction du recours à l'expérimentation animale. Optimisation des essais cliniques. Utilisation de patients artificiels. Nouvelles méthodologies de recherche. Accélération de l'innovation thérapeutique. Les perspectives sont considérables. Mais comme l'ont rappelé l'ensemble des intervenants, cette révolution ne se fera qu'à une condition : conserver le même niveau d'exigence scientifique que celui qui fonde aujourd'hui la confiance dans la recherche clinique. Car en santé, l'innovation ne vaut que si elle est démontrée.
CONFÉRENCE-DÉBAT : Infrastructures numériques, impacts climatiques et environnementaux – La face cachée des jumeaux numériques
Après une journée entière consacrée aux promesses de l'intelligence artificielle, des jumeaux numériques et de la médecine prédictive, le Congrès SoFIA Santé a choisi de terminer par une question aussi simple que dérangeante : Quel est le coût réel de cette révolution numérique ? Derrière chaque algorithme, chaque modèle prédictif, chaque patient virtuel et chaque jumeau numérique se cachent des infrastructures bien réelles : centres de données, réseaux, serveurs, systèmes de refroidissement, ressources énergétiques et matières premières. Autrement dit, l'intelligence artificielle n'est pas immatérielle. Animée par Barbara Mathian , cette conférence-débat réunissait Pauline Denis (The Shift Project), Franck Mouthon (INSERM) et Colin Kearney (SCOR) autour d'un sujet encore trop rarement abordé dans les débats sur l'IA en santé : la soutenabilité de nos infrastructures numériques.
Derrière l'IA, la réalité des data centers
Pauline Denis a commencé par rappeler une réalité souvent ignorée. Lorsque nous interrogeons un modèle d'intelligence artificielle, nous mobilisons des infrastructures massives réparties dans des centres de données partout dans le monde. Et ces infrastructures consomment de plus en plus d'énergie. Les chiffres présentés sont particulièrement frappants. La consommation électrique mondiale des centres de données est passée d'environ 160 TWh à plus de 420 TWh entre 2014 et 2024. Si l'on ajoute les cryptomonnaies, elle atteint près de 600 TWh, soit davantage que la consommation annuelle totale d'électricité de la France. Plus inquiétant encore, cette croissance s'accélère. Selon les scénarios présentés par The Shift Project , la consommation électrique des centres de données pourrait tripler d'ici 2030 si les tendances actuelles se poursuivent. Un constat qui bouscule l'idée souvent véhiculée d'un numérique naturellement dématérialisé.
La santé numérique face aux limites physiques du monde réel
L'un des messages les plus marquants de cette intervention est probablement celui-ci : la transition numérique est aussi une question énergétique. Car les centres de données ne consomment pas uniquement de l'électricité. Ils mobilisent également du foncier, de l'eau, des matériaux critiques et des capacités de raccordement aux réseaux énergétiques. L'exemple irlandais présenté par Pauline Denis est particulièrement révélateur. En quelques années, les centres de données sont devenus responsables de plus de 20 % de la consommation électrique nationale du pays, au point de provoquer des tensions sur le réseau et de limiter certains projets immobiliers faute de capacité de raccordement disponible. Derrière les jumeaux numériques se cache donc une réalité rarement évoquée : les ressources mobilisées pour simuler le vivant ne sont pas infinies.
Numérique en santé : une transition sans stratégie environnementale ?
Franck Mouthon a prolongé cette réflexion en apportant un regard particulièrement intéressant sur les politiques de santé. Il rappelle qu'une enquête réalisée en 2025 auprès d'une quatre-vingtaine d'établissements de santé ayant élaboré une feuille de route numérique n'intégrait pratiquement aucune réflexion sur l'impact environnemental de cette transformation. Un paradoxe. Car plus les systèmes deviennent performants, plus ils génèrent de données. Et plus ils génèrent de données, plus ils nécessitent de capacités de stockage, de calcul et d'inférence. Comme il le souligne : Une observation particulièrement pertinente dans un contexte où les jumeaux numériques reposent précisément sur une actualisation permanente des données et des simulations.
L'IA risque-t-elle d'accentuer les inégalités ?
Le débat a ensuite pris une dimension plus sociétale. Pour Franck Mouthon, la question n'est pas seulement environnementale. Elle est également sociale. Les technologies les plus avancées bénéficient aujourd'hui en priorité aux territoires les mieux équipés, aux structures les plus riches et aux populations les plus connectées. Plus préoccupant encore, les populations qui auraient souvent le plus besoin d'interventions préventives sont également celles qui produisent le moins de données exploitables. Populations rurales. Populations précaires. Enfants. Autant de groupes qui restent sous-représentés dans les bases de données qui alimentent aujourd'hui les modèles d'intelligence artificielle. Une réflexion qui rejoint plusieurs débats déjà abordés dans la journée autour de la représentativité des données et du risque d'amplification des inégalités de santé.
La cybersécurité : le risque systémique souvent oublié
Autre sujet fort abordé lors des échanges : la résilience des infrastructures numériques. Pour Franck Mouthon, la prochaine grande crise sanitaire pourrait ne pas être liée à un virus. Elle pourrait être numérique. Entre cyberattaques, dépendance aux fournisseurs technologiques et vulnérabilité croissante des infrastructures critiques, les systèmes de santé deviennent eux aussi dépendants de la robustesse du numérique. La question n'est donc plus seulement de construire des jumeaux numériques. Elle est aussi de garantir leur résilience.
Les assureurs entrent dans le débat
Colin Kearney a apporté un éclairage original à travers le regard du secteur assurantiel. Son témoignage illustre l'émergence d'une logique de prévention fondée sur les données. Partage d'informations issues des montres connectées. Incitations financières aux comportements favorables à la santé. Récompenses liées à l'activité physique ou à la participation aux programmes de dépistage. Des approches déjà largement développées en Amérique du Nord et qui pourraient préfigurer de nouveaux modèles de prévention personnalisée. Mais il rappelle également que les assureurs auront un rôle croissant à jouer dans l'encadrement environnemental des infrastructures numériques. En influençant notamment les conditions de couverture des centres de données selon leur impact énergétique ou climatique.
Ce qu'il faut retenir
Cette dernière conférence aura sans doute été l'une des plus dérangeantes de la journée. Parce qu'elle nous oblige à regarder derrière les promesses technologiques. Les jumeaux numériques, l'intelligence artificielle et la médecine prédictive ouvrent des perspectives extraordinaires. Mais ils reposent également sur des infrastructures massives dont les impacts énergétiques, environnementaux, économiques et sociaux ne peuvent plus être ignorés. Au fond, la question posée par cette table ronde est simple :
Peut-on construire une médecine plus intelligente sans construire en parallèle un numérique plus sobre, plus résilient et plus équitable ?
Une interrogation qui dépasse largement la santé. Et qui accompagnera probablement toutes les grandes transformations numériques des prochaines décennies.
Clôture du Congrès SoFIA Santé : des jumeaux numériques à la transformation de la médecine
J'ai eu l'honneur de conclure cette première édition du Congrès SoFIA Santé consacrée aux jumeaux numériques en santé. Un exercice toujours délicat après une journée aussi dense, tant les interventions ont été riches, stimulantes et parfois même vertigineuses dans les perspectives qu'elles ouvrent. Pour ouvrir cette synthèse, je suis revenu sur un symbole qui m'a accompagné tout au long de la journée. Nous étions réunis au cœur des Hospices de Beaune, un lieu construit il y a près de 600 ans pour accueillir, soigner et réparer le vivant. Et pourtant, pendant toute une journée, nous avons parlé d'autre chose. Nous avons parlé de notre capacité à le modéliser, à le simuler et à mieux l'anticiper. Cette image m'a particulièrement marqué. Car derrière les jumeaux numériques, les algorithmes et les modèles prédictifs, ce dont il a réellement été question tout au long de cette journée, c'est de l'évolution profonde de notre médecine. Une médecine confrontée à des défis majeurs : vieillissement de la population, explosion des maladies chroniques, tensions sur les ressources humaines, contraintes économiques croissantes et nécessité de rendre nos systèmes de santé plus soutenables. Au fil des conférences et des tables rondes, une conviction s'est imposée à moi. Finalement, nous avons moins parlé de technologie que de transformation.
Ce changement est avant tout un changement de temporalité.
Nous passons progressivement d'une médecine qui intervient lorsqu'une maladie est déjà installée à une médecine qui cherche à mieux anticiper, mieux prévenir et mieux accompagner. Ce fameux passage du cure vers le care dont nous parlons depuis des années semble aujourd'hui prendre une nouvelle dimension grâce aux données, à l'intelligence artificielle et aux capacités de simulation offertes par les jumeaux numériques. En observateur de la santé numérique depuis près de vingt ans, j'ai également partagé une réflexion qui m'est apparue comme un fil rouge de cette journée. Le jumeau numérique n'est pas une rupture sortie de nulle part. Il est probablement l'aboutissement logique de plusieurs décennies de transformation numérique de la santé. Dossiers patients, interopérabilité, télésanté, objets connectés, données de santé, intelligence artificielle... Toutes ces briques convergent aujourd'hui. Mais cette journée a également rappelé que l'enthousiasme ne dispense jamais de l'exigence. À plusieurs reprises, Stéphanie Allassonnière, Michaël Chassé et de nombreux intervenants ont insisté sur la nécessité de produire de la preuve, de valider les modèles et de démontrer concrètement les bénéfices apportés aux patients et aux professionnels. L'IA en santé ne pourra s'imposer durablement que si elle inspire confiance. Et cette confiance repose autant sur la rigueur scientifique que sur les cadres éthiques, réglementaires et juridiques qui l'entourent. Enfin, la dernière table ronde nous a rappelé une réalité que nous avons parfois tendance à oublier.
Le numérique n'est pas immatériel.
Derrière chaque modèle, chaque simulation et chaque jumeau numérique se trouvent des infrastructures, des centres de données, des ressources énergétiques et des impacts environnementaux qu'il nous faudra intégrer dans nos réflexions. Au fond, cette journée aura montré que les jumeaux numériques sont bien plus qu'une innovation technologique. Ils se situent au croisement de la médecine, de la science des données, de l'éthique, du droit, de l'organisation des soins, de la recherche clinique, de l'économie et même des enjeux environnementaux. Ils nous obligent à repenser non seulement notre façon de soigner, mais aussi notre façon de concevoir l'avenir de nos systèmes de santé. Et si je devais retenir une seule chose de cette journée, ce serait peut-être celle-ci : Car malgré les algorithmes, les modèles prédictifs et les simulations du vivant, la santé restera toujours une aventure profondément humaine. C'est probablement la plus belle leçon que nous laisse cette première édition du Congrès SoFIA Santé.
Conclusion générale de cette série
À travers ces cinq épisodes, une conviction s'est progressivement imposée. Les jumeaux numériques ne sont pas seulement un nouvel outil de santé numérique. Ils constituent peut-être l'un des points de convergence les plus fascinants de plusieurs décennies d'innovation. Ils sont à la croisée : de l'intelligence artificielle ; des données de santé ; des objets connectés ; de l'interopérabilité ; de la modélisation mathématique ; de la médecine personnalisée ; et de l'ambition grandissante de faire évoluer nos systèmes de santé vers davantage de prévention. • de l'intelligence artificielle ; • des données de santé ; • des objets connectés ; • de l'interopérabilité ; • de la modélisation mathématique ; • de la médecine personnalisée ; • et de l'ambition grandissante de faire évoluer nos systèmes de santé vers davantage de prévention. Mais tout au long de cette journée, les intervenants nous ont également rappelé une réalité essentielle. Le véritable défi n'est pas technologique. Le véritable défi est humain. Comment créer la confiance ? Comment produire la preuve ? Comment garantir l'équité ? Comment préserver la souveraineté ? Comment construire des infrastructures soutenables ? Et surtout, comment faire en sorte que ces innovations améliorent réellement la vie des patients et le quotidien des professionnels ? Au fond, les jumeaux numériques ne sont peut-être pas la destination. Ils sont le véhicule. Un véhicule qui pourrait nous aider à passer progressivement : d'une médecine curative à une médecine préventive ; d'une médecine réactive à une médecine prédictive ; d'une médecine fondée sur des moyennes à une médecine attentive à chaque individu ; d'une logique de réparation à une logique d'anticipation. • d'une médecine curative à une médecine préventive ; • d'une médecine réactive à une médecine prédictive ; • d'une médecine fondée sur des moyennes à une médecine attentive à chaque individu ; • d'une logique de réparation à une logique d'anticipation. Depuis les Hospices de Beaune, construits il y a près de six siècles pour réparer le vivant, jusqu'aux modèles capables aujourd'hui de le simuler, cette journée aura illustré une formidable continuité. La médecine change. Les outils évoluent. Les technologies progressent. Mais l'objectif reste le même. Comprendre, accompagner et protéger le vivant. Merci aux organisateurs, aux intervenants, aux participants, aux partenaires français et québécois, et à toutes celles et ceux qui ont contribué à faire de cette première édition du Congrès SoFIA Santé un moment de réflexion, de partage et d'anticipation.
Et maintenant ?
Cette première édition du Congrès SoFIA Santé s'achève, mais les réflexions qu'elle a suscitées ne font que commencer. Pendant une journée entière, chercheurs, cliniciens, ingénieurs, industriels, juristes, institutionnels et acteurs de l'innovation ont partagé leurs visions, leurs interrogations et parfois leurs convictions sur ce que pourrait devenir la santé à l'ère des jumeaux numériques et de l'intelligence artificielle. Des modèles mathématiques à la médecine personnalisée. Des patients virtuels à la recherche clinique. De la gouvernance des données à la soutenabilité environnementale. Une même idée a traversé l'ensemble des échanges : l'avenir de la santé ne se construira ni uniquement dans les laboratoires, ni uniquement dans les hôpitaux, ni uniquement dans les entreprises technologiques. Il se construira collectivement. À la croisée des disciplines, des expertises et des expériences.
C'est précisément l'ambition portée par SoFIA Santé : créer un espace de dialogue entre les mondes qui façonnent la santé de demain.
Au nom de l'ensemble des organisateurs, un immense merci aux intervenants, aux partenaires, aux participants, aux équipes de bénévoles, ainsi qu'à nos amis québécois qui ont enrichi cette journée de leurs retours d'expérience et de leur vision. Comme l'a rappelé Jean-Louis Fraysse dans son mot de conclusion, cette première édition n'est qu'une étape. L'aventure continue. Et le rendez-vous est déjà pris pour la prochaine édition.
Replays et ressources
Vous n'avez pas pu assister à toutes les sessions ? Vous souhaitez revoir certaines interventions, approfondir un sujet ou partager les contenus avec vos équipes ? 🎥 Les replays du Congrès SoFIA Santé seront prochainement disponibles sur la plateforme SoFIA Santé pour les adhérents.
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Les congrès passent. Les échanges continuent. Les groupes de travail avancent. Les projets se construisent. Et les défis restent nombreux. 👉 Pour adhérer à SoFIA Santé et participer aux réflexions, événements et initiatives de la communauté : Adhérer à SoFIA Santé Parce que les jumeaux numériques, l'intelligence artificielle et la médecine prédictive ne se développeront pas uniquement grâce aux technologies. Ils se construiront grâce aux femmes et aux hommes qui accepteront de les penser, de les questionner et de les mettre au service de la santé.
À très bientôt pour de nouvelles explorations autour de l'IA, des jumeaux numériques et de la santé de demain.
Stéphanie Allassonniere Patrick Callier Guillaume Koch Anne Le Hénanff Stephane Tholander Yann-Mael Le Douarin Anaëlle Valdois Franck Fontanili Arnaud Attyé Valerie Kokoszka Mathilde Verneret Cécile Théard-Jallu Thierry Vermeeren Fabrice DENIS Hicham TEMSAMANI Stéphane OHAYON Emmanuel Canes Alexandre Regniault Dr Jean Louis Fraysse Mathieu Robain Jean Marc Bereder Franck Mouthon Pauline Denis Barbara Mathian LIONEL REICHARDT Dany Girard Chanfi MAOULIDA Adel Mebarki Arnault Chatel Aude Selleret Deborah Beddok Pierrick BEDOUCH Rémy TESTON Pierre Heudel Marius Popescu Nicolas Schneider Xavier SCHNEIDER Didier MENNECIER 🩺 Thibaud Guymard Ramzi Allouache Jerome Coutet Bernard castells Stéphane KIRCHE Xavier SEPULCHRE Emmanuel Vivier Fadi JAMAL Pascale GELIN Jimmy Siméon Thibaud VALTON Isabelle Cambreleng Véronique Dugoujon Khoudia S. 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Texte récupéré depuis la publication d’origine le 21 octobre 2026. Les informations sont à lire à leur date de publication. Les liens et médias d’origine se consultent sur LinkedIn.
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